Première séance — jour 1
Je me tenais droite, sans cette tension réflexe de protection — pour la première fois depuis plus d’un an.
La sensation de brûlure dans la jambe était nettement apaisée jusqu’au soir.
Je ne voulais pas encore me faire d’illusions. J’avais été trop souvent déçue.
Jour 3
Je marchais dans la cuisine le matin sans devoir anticiper chaque pas à cause de la douleur.
Elle était encore là — mais elle ne commandait plus.
Quelque chose avait changé. Et je le savais.
Fin de la première semaine
Je suis sortie faire le tour du quartier pour la première fois depuis des mois.
En rentrant, je me suis assise à la table de la cuisine… et j’ai pleuré — mais pour la première fois depuis quatre ans, ce n’était ni de douleur ni de frustration.
C’était quelque chose que j’avais presque oublié : de l’espoir.
Denis m’a regardée et a dit doucement : « Tu redeviens toi-même. »
Semaine 2
J’ai pu rester assise pendant tout un repas, sans devoir changer de position toutes les quelques minutes.
Je suis restée debout à la cuisine pour cuisiner — sans grimacer, sans devoir m’arrêter.
Et pour la première fois depuis deux ans, j’ai dormi vraiment d’une traite. Toute la nuit.
Semaine 3
Je suis allée seule au supermarché.
Une chose totalement banale — mais qui, à ce moment-là, m’a donné l’impression de reprendre quelque chose qui m’appartenait.
Six semaines plus tard
J’étais assise sur une couverture dans le jardin avec mes petits-enfants.
Emma — celle qui m’avait demandé si mamie était “cassée” — est montée sur mes genoux. Je l’ai serrée dans mes bras, assise là dans l’herbe, en me disant :
C’est ça… c’est exactement ce que quatre années de douleur m’avaient pris. Et c’est ça que je viens de retrouver.